CinémAtelier/Regard sur quelques perles oubliées ou méconnues du cinéma japonais (4/10)/Histoire du cinéma français-20


 


Samedi 17 octobre 2020 de 14H30 à 17H30 – CinémAtelier

Maison des Associations Nice-St Roch, 50 Bd St Roch (TRAM: St Roch)


Première partie

Regard sur quelques perles oubliées ou méconnues du cinéma japonais

Épisode 4/10

Autour du film :

Le vagabond de Tokyo

(Tôkyô nagaremono)

de SEIJUN SUZUKI (1966)

Considéré comme l’iconoclaste du cinéma japonais et l’un des cinéastes les plus intéressants liés à la Nouvelle Vague nippone du début des années 60, Seijun SUZUKI avait pourtant derrière lui une carrière déjà riche en nombre de films lorsque les jeunes réalisateurs de l’archipel, tels Nagisa Oshima, Shohei Imamura, Kiju Yoshida, et autres Masahiro Shinoda, Yasuzo Masumura ou encore Hiroshi Teshigahara, débarquent pour bouleverser la cinématographie nationale, soudain « libérée » du poids écrasant des monstres locaux du 7e art que sont (et sont restés) Yasujiro Ozu, Kenji Mizoguchi ou Mikio Naruse.

Si beaucoup des nouvelles stars du cinéma japonais présentent des films férocement politiques ou sociétaux – la nouvelle vague nippone se démarquant ici considérablement de la française –, Suzuki, lui, tourne le dos à ses précédentes productions d’ordre plutôt classiques. En 1963 après 26 films achevés en seulement 7 ans (!), il trouve sa voie autant que sa voix personnelle avec Crevez verminesDétective bureau 2,3, puis surtout son suivant, La jeunesse de la bête, mis en boîte la même année…
C’est La Barrière de chair (1964) qui révèle sa nouvelle identité de cinéaste. Désormais, Suzuki (né en 1923) tournera des films non conformistes, laissant libre cours à son imagination visuelle et formelle toujours plus grande et excitante. Utilisant merveilleusement le Cinémascope, jonglant entre couleur et noir et blanc, il dynamite les codes des films de genre, les gonflant d’audace sexuelle, de parodie, d’exagérations. Il déconstruit les films de Yakusas (gangsters japonais appartenant à des clans), prenant régulièrement le spectateur à contre-pied, notamment grâce au recours à un montage audacieux faisant la part belle aux ellipses, aux incongruités, à une extrême stylisation, une utilisation maîtrisée de la profondeur de champ, à un humour décalé et quelque peu (voire beaucoup) profanateur, sans oublier un sens très aiguisé du cadrage et de l’esthétique.

Les films chocs se succèdent : Histoire d’une prostituée (1965), La vie d’un tatoué (65), Le Vagabond de Tokyo (66), Elégie de la bagarre (66), La marque du tueur (67) qui marque l’apogée de son style, parodie délirante des films de yakuzas. C’en est trop pour les patrons de son studio, la Nikkatsu,qui s’horrifient de ces films que les spectateurs sont supposés incapables de comprendre. Suzuki se fait mettre à la porte et entame une traversée du désert. Il reviendra à la fin des années 1970 et tournera alors régulièrement, mais loin de ses folles années 60. Il tourne son 58e et dernier film en 2005, Operetta tanuki goten, et meurt le 13 février 2017, à 93 ans.

Photos de Vagabond de Tokyo.


Deuxième partie

HISTOIRE DU CINÉMA FRANÇAIS, DES ORIGINES À LA NOUVELLE VAGUE

(Septième saison )

Épisode 20

L’ÂGE D’OR

(1930-1939, 5e partie)

LE RÉALISME POÉTIQUE (Suite) JACQUES FEYDER

BONUS

(nouvelles rubriques, si le temps le permet)

LA BATAILLE DES MADELEINES
et
DUELS DE GÉNÉRIQUES DE SÉRIES

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