Les Bonnes manières



Vendredi 20 Avril 2018 à 20h30

Cinéma Mercury – 16 place Garibaldi – Nice

Film de  Juliana Rojas et Marco Dutra – Brésil – 2017 – 2h15 – vostf – Interdit aux moins de 12 ans

Clara, une infirmière solitaire de la banlieue de São Paulo, est engagée par la riche et mystérieuse Ana comme la nounou de son enfant à naître. Alors que les deux femmes se rapprochent petit à petit, la future mère est prise de crises de somnambulisme…

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Juliana Rojas et Marco Dutra ont fait leurs études de cinéma à l’université de Sao Paolo. Après avoir collaboré sur trois courts métrages, dont deux sélectionnés au Festival de Cannes (Le Drap blanc et Un rameau), ils présentent dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes 2011 Trabalhar Cansa. Avant de se retrouver pour Les Bonnes manières, Juliana Rojas a signé une comédie musicale de genre, Sinfonia da Necrópole, et Marco Dutra a réalisé le film d’horreur, Quando Eu Era Vivo (2014) puis le thriller  O Voz do Silencio (2016).

Avec Les Bonnes manières, le duo de réalisateurs Juliana Rojas et Marco Dutra a souhaité utiliser les codes du conte de fées dont la forme permet de faire appel aux choses de la vie quotidienne pour créer du fantastique et du sens. Mais, à l’instar de leur précédent long, Trabalhar Cansa, il s’agit toujours d’employer le fantastique pour évoquer les thématiques du monde contemporain, ici l’instinct bestial face à la civilisation et les barrières construites par cette dernière. Les réalisateurs s’expliquent: « L’humain face à l’instinct bestial, la civilisation face à l’instinct humain. On a élargi cette idée à tous les aspects de l’histoire : centre et périphérie, Blancs et Noirs, riches et pauvres. La division entre le film d’horreur et le film de famille reflète également cela : un film d’horreur et un film sur un enfant se retrouvent mêlés à la même histoire. Les personnages sont séparés par toutes sortes de barrières : de classe, de race, de quartier, de religion, d’âge et d’époque. Ils sont aussi confrontés à la solitude et au désir caché. D’une certaine manière, l’histoire d’amour homosexuelle entre des personnages aussi opposés et la formation de cette famille particulière est peut-être ce qu’il y a de plus « fantastique » dans le film : cette idée que toutes les barrières construites par la société civilisée peuvent être remises en question et finalement anéanties.« 

Les Bonnes manières est constitué de deux actes, une structure née de « la rupture singulière au coeur de l’histoire qui nous a permis d’aborder différents aspects de la maternité« , expliquent les réalisateurs. Ainsi, la première partie parle de la maternité sous le prisme biologique, celui de la grossesse, tandis que la seconde partie évoque le fait d’élever un enfant. Les cinéastes se sont inspirés de la pièce Le Cercle de craie caucasien de Brecht, une relecture du conte de Salomon, qui soulève la question suivante : qui est la véritable mère d’un enfant, la mère biologique ou la personne qui l’élève ?

Parmi les références qu’ils ont eu en tête pour réaliser Les Bonnes manières, les réalisateurs citent les premiers dessins animés de Disney tels que Blanche-Neige, Dumbo et Bambi pour leur capacité peu orthodoxe à mélanger les genres et à aborder des thèmes complexes que sont l’envie, la solitude et la puberté. Jacques Tourneur, et plus spécifiquement ses films La Féline et L’Homme-léopard, les a aussi influencés pour sa capacité à instaurer une ambiance et utiliser les hors-champs.

« L’un des prodiges de ces Bonnes manières réside dans la façon qu’ont les cinéastes de sans cesse parler de transgression tout en ne se dépareillant jamais d’un ton d’une douceur hypnotique. Un premier degré très rare à l’heure du cynisme. Le résultat est souvent fascinant, d’abord parce qu’en un clin d’œil le film passe de la beauté à l’émotion à la surprise à l’excitation ; mais aussi parce qu’on suit, happé, sans se poser de question, cette étrange rêverie, comme lors de cette scène superbe où Clara suit Ana en plein somnambulisme, évoquant le souvenir spectral et envoûtant du Vaudou de Jacques Tourneur. » (filmdeculte.com)

« Apprendre les bonnes manières consiste à connaître et appliquer les règles permettant à tout individu d’évoluer en société. Entre s’y plier et les utiliser pour se faire accepter, la perception de chacun dépend de son identité. Dans un São Paulo stylisé, Juliana Rojas et Marco Dutra construisent une fable contemporaine qui interroge sur la relation de l’individu au monde qui l’entoure. Entre rapports de classes, nécessité du secret et questions sur la maternité, Les bonnes manières navigue dans un mélange des genres qui puise aux sources du conte la matière d’un récit en deux temps combinant harmonieusement fractures et linéarité…La mise en scène stylisée, une certaine lenteur narrative qui évolue au fil d’ellipses et de douces ruptures, la manière dont la ville se dessine par morcellements, la bande son mêlant chants choraux, harpe et berceuse, densifient l’histoire jusqu’à une dernière partie plus frénétique…Film de lutte pour la survie et la différence, Les bonnes manières enchante par les subtils glissements qu’il opère tout en gardant l’équilibre. Combinant l’humain et le merveilleux et magnifié par l’amour filial et maternel, le combat mené atteint alors la valeur universelle du conte. (culturopoing.com)

Pour concevoir le loup-garou, les réalisateurs ont travaillé avec l’artiste Mathieu Vavril sur des esquisses concepts. La société Atelier 69 a pris ensuite le relais et s’est basée sur ce travail pour construire l’animatronique du bébé. Quant à Mikros Image, ils ont conçu le modèle numérique d’après les traits de l’acteur Miguel Lobo (la couleur de ses yeux et leur taille, la forme de sa tête et de son corps). Juliana Rojas et Marco Dutra précisent : « Conserver les émotions transmises dans le film était une priorité pour l’équipe de Mikros qui a mis un point d’honneur à préserver le jeu d’acteur de Miguel dans l’animation afin d’apporter vérité et vie au personnage.« 

Interrogé sur la musique du film, les réalisateurs expliquent: « Avec les compositeurs Guilherme et Gustavo Garbato, nous avons cherché à instaurer une progression : la musique démarre de manière subtile, puis tandis que le film bascule davantage dans le fantastique, elle devient de plus en plus présente et complexe. La harpe, avec ce son onirique qui lui est propre, est l’instrument central présent dans tout le film. D’autres instruments, comme la flûte et le tambour, nous replongent dans l’univers médiéval, quasi ancestral. La chorale fait office de narratrice qui parle à Clara, quand elle traverse ces montagnes russes. Les chansons, inspirées à la fois de Brecht et de Disney, prennent différentes formes : cantiques, murmures de la chorale, berceuses. La berceuse sert de thème central et relie tous les volets de l’histoire. Au départ, il s’agit de la berceuse de la boîte à musique d’enfant d’Ana, qui va prendre une toute autre signification quand Clara la chante à Joel à la fin du film.« 

Quant au chef décorateur Fernando Zuccolotto, il a travaillé avec l’artiste Eduardo Schaal pour concevoir des matte paintings (peinture qui représente un élément de décor), à l’aide de techniques anciennes, en s’inspirant des films comme Le Narcisse noir de Powell et Pressburger et Pas de printemps pour Marnie de Hitchcock.


Présentation du film et animation du débat avec le public : Bruno Precioso.

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