
Vendredi 12 Juin 2026 à 20h
Cinéma Jean-Paul Belmondo (ex-Mercury) – 16 place Garibaldi – Nice
Film de Radu Jude, France-Roumanie, 2026, 1h34.
Séance spéciale dans le cadre de la reprise de la Quinzaine des Cinéastes 2026
Gianina, jeune Roumaine, travaille comme employée de maison dans une famille bourgeoise bordelaise. Elle répète le soir avec une troupe de théâtre amateur le rôle d’une soubrette dans une adaptation du Journal d’une femme de chambre d’Octave Mirbeau. Au quotidien, elle s’occupe de Louen, le fils de ses employeurs, tandis que sa propre fille grandit loin d’elle, en Roumanie.
Radu Jude dit avoir avoir vu le film de Buñuel à la télé, en Roumanie, après la Révolution. « Je ne l’avais pas beaucoup aimé à l’époque avant de le redécouvrir quelques années plus tard et l’apprécier nettement plus. Concernant le roman, il n’existe qu’une seule édition de ce livre en Roumanie avec une couverture très sexualisée, un peu comme celle d’un roman porno. On l’aperçoit d’ailleurs dans un plan du film lorsque Gianina mange seule sa boîte de thon dans sa chambre. À la lecture, j’ai trouvé le roman de Mirbeau beaucoup mieux que les films qui en avaient été faits. Beaucoup plus radical, beaucoup plus anarchiste d’une certaine manière, plus expérimental et surtout plus drôle. Il m’est resté en tête« .
Interrogé sur la genèse de son film, il explique : « Comme point de départ j’ai voulu raconter une de ces histoires que nous roumains connaissons bien parce qu’elles sont relayées par la presse nationale. Celle d’une femme travaillant dans un autre pays et dont l’enfant est resté au pays. Une situation d’immigration créant une sorte de faux paradoxe puisque, avec cette situation, vient évidemment un peu de prospérité économique, mais également de gros problèmes émotionnels, psychologiques et relationnels. Notamment pour la famille restée au pays. Ensuite, j’avais envie de prendre le contrepied du roman de Mirbeau qui décrit des patrons horribles ou fous et qui exploitent Célestine. Je souhaitais que le couple chez qui Gianina travaille soit des gens gentils. Je voulais explorer une relation « sociale » avec des personnes correctes, honnêtes et sympathiques que sont ces bordelais. Tout est calme au sein de cette famille. Le véritable drame est à distance, en Roumanie. Je voulais marquer cette différence entre les structures humaines, économiques et sociales conséquentes à l’immigration. Le scénario s’est donc tout d’abord construit dans ces deux directions. Puis est venue cette idée de correspondance ne passant que par le portable entre le personnage de Gianina et sa fille. Ce fut le troisième fil narratif du film. Et sa construction a reposé sur la manière de les faire se croiser…«
Il ajoute, à propos du personnage de Gianina : « Le processus d’écriture n’a pas été très compliqué et Ana Dumitrașcu, la comédienne qui l’interprète, a beaucoup contribué à la dessiner. J’ai eu énormément de chance de la rencontrer. Elle possède une sorte d’innocence et d’humour sur lesquels nous avons travaillé. De plus c’est une femme rigoureuse et intelligente avec laquelle nous avons beaucoup discuté du personnage. Elle l’a très bien compris et tout ce que j’ai eu à faire durant le tournage a été de travailler avec elle sur les nuances de son rôle. Gianina n’est pas naïve mais elle essaie de rester neutre. Quand on lui pose des questions sur l’Ukraine elle préfère répondre qu’elle ne sait pas. Elle refuse d’entrer dans la discussion. Nous avons voulu construire une femme qui soit à l’encontre des héroïnes de fiction qui sont souvent des personnages agissant beaucoup. Gianina n’est pas de celles-ci. Elle n’a pas de but comme dans les dramaturgies traditionnelles. Elle cherche juste à rester discrète. Elle n’est en quête que de stabilité et attend les fêtes de Noël pour pouvoir repartir chez elle voir sa fille. C’est peut-être là la vraie provocation du film : construire un personnage qui n’essaie pas d’obtenir coûte que coûte quelque chose. Qui ne construit autour d’elle ni tension, ni suspense« .
Sur la mise en scène, il déclare : « Et si j’ai choisi Bordeaux, c’est aussi en raison de son passé et de cet esclavagisme qui a enrichi la ville. Nous avons cherché un appartement qui soit ancien, vaste et nous sommes tombés sur celui du film qui appartenait autrefois à une famille de médecins. Il restait encore beaucoup d’objets très vieux datant de plusieurs générations. Des tableaux et des meubles de plus de cent ans. Tous les extérieurs bordelais sont également situés dans la vieille ville. Je voulais montrer un monde ancien, figé dans son histoire. Et en face, la Roumanie représente le monde d’aujourd’hui. Avec cette campagne qui ne semble pas avoir bougé depuis le moyen-âge. Comme un pays sans histoire. En fait, je voulais que le film repose sur des contrastes et des oppositions marquées entre la Roumanie et la France, la littérature et le cinéma, le documentaire et la fiction, le théâtre et la mise en scène de cinéma« . Il ajoute : « En raison de tous les fils entrecroisés sur lesquels repose la structure du scénario, j’envisageais le film comme un film de montage. C’est à lui de rendre compte de la complexité du récit. Raison pour laquelle la mise en scène devait être assez limpide. Claire, précise et simple. Reposant principalement sur des champs contrechamps et en caméra fixe. Les scènes au théâtre sont filmées en plans séquences et cadre unique, comme l’étaient les plans au tout début du cinéma. Et pour les scènes au portable, je voulais qu’elles aient un côté cinéma amateur. Avec le temps, je suis de moins en moins intéressé par une mise en scène virtuose. Que ce soit en tant que spectateur ou que cinéaste. Pour moi le cinéma est un outil de la pensée. Pas du mouvement spectaculaire. Je pense que le véritable geste de la modernité est un retour aux premières sources du septième art« .
En ce qui concerne les acteurs, il explique : « Lorsque j’ai commencé à réfléchir aux rôles des patrons, n’ayant pas vécu en France et n’ayant pas d’expérience avec le cinéma français, j’ai redouté de ne pas être capable de construire des personnages crédibles à l’écran. En revanche, je connais bien le cinéma français. J’ai donc pensé à des personnages des films que j’aime. Cela m’a permis d’avoir alors une image très claire des miens. J’ai commencé avec Marie Rivière et tout d’un coup, tout était clair. Elle était complètement faite pour le rôle de la mère. J’ai ensuite choisi Vincent Macaigne que j’aime énormément comme comédien. Idem pour Mélanie Thierry. Les rôles dans lesquels je l’ai vue ont façonné mon approche de celui de l’épouse, dans sa douceur apparente et son ambiguïté frères Lumière, de Méliès ou d’Edison… Et je pense qu’il existe là encore tellement de potentialités qui n’ont pas été exploitées« .
Sur le web

« Difficile d’imaginer un baptême cannois plus croustillant pour Radu Jude, qui revient assagi sur le plan formel après Dracula, une saga de trois heures réalisée grâce à l’IA, totalement à l’opposé de son nouveau long-métrage d’une heure et demie, Le Journal d’une femme de chambre, qui vient de faire sa première mondiale à la Quinzaine des Cinéastes de Cannes. Ici, le cinéaste se remet à broder sur un de ses thèmes de prédilection, la condescendance de la bourgeoisie, et livre une satire qui joue de l’opposition classique entre culture « populaire » et culture « savante » en Europe, entre un Est vu comme barbare et un Ouest civilisé. L’exercice n’est pas nouveau, et beaucoup s’y sont essayés, mais Jude l’exécute avec brio et assurance, brassant le tout pour en faire un délectable velouté de modernité politique agrémenté d’humour noir… La manière dont Jude formule son propos dans Le Journal d’une femme de chambre est d’une simplicité réjouissante. En complicité avec le chef opérateur Marius Panduru, un coutumier de ses films, le cinéaste roumain privilégie une caméra sobre et fixe… » (cineuropa.org)
« … Le Journal d’une femme de chambre réussit un tour de force : moins expérimental, plus accessible que les précédents gestes de son auteur, il est aussi l’un de ses plus drôles. Librement adapté du roman d’Octave Mirbeau, le film transpose l’intrigue dans un Bordeaux contemporain, où Gianina, immigrée roumaine qui a laissé sa fille dans son pays d’origine, travaille chez un couple de bourgeois aussi poussiéreux que leurs bibelots (Vincent Macaigne et Mélanie Thierry, irrésistibles dans un numéro de bouffons condescendants)…
… Mais Radu Jude complexifie d’emblée la lutte des classes. Gianina est un corps exploité – elle passe son temps à éplucher des légumes, yeux dans le vide à la Jeanne Dielman – mais elle a le verbe sale, la langue bien pendue, et insulte ses patrons en roumain. Idée géniale que de mettre la vulgarité, l’outrance dans la bouche de cette héroïne qu’on voudrait silenciée. Il y a là comme un doigt d’honneur, un geste punk et disruptif, à l’encontre d’une classe dominante sirupeuse, qui enrobe son mépris de classe d’une bienveillance moralement douteuse.
Mais l’inconfort naît surtout du régime d’images. Incorrigible testeur de formes, Radu Jude a pensé son film comme un journal irrégulier, désordonné. Dans l’enfer domestique de Gianina viennent s’intercaler des images de la Roumanie rurale, désolée, comme un contrechamp que personne ne veut voir. La misère, loin des yeux, loin du coeur, on l’aime à la télé mais pas trop près de chez soi.
Comble du malaise : Radu Jude use et abuse (à raison) de coupes brutales, inopinées. Ici, il coupe la chique à ses personnages, laissant en suspens la résolution d’une phrase. Plus loin, phénomène inverse : les personnages ouvrent la bouche avant qu’un cut ne les fasse taire. Reste que Radu Jude, pas misanthrope pour un sou, offre à sa femme de chambre moderne une arme de liberté, dont il connaît lui-même la portée redoutable : l’ironie. » (troiscouleurs.fr)

« Radu Jude poursuit son entreprise de dissection politique et sociale avec Le Journal d’une femme de chambre. Cependant, cette fois, le cinéaste roumain délaisse en partie la charge pamphlétaire frontale de ses précédents films pour quelque chose de plus « acceptable », presque douloureusement intime. Pas vraiment une adaptation du célèbre roman d’Octave Mirbeau (adapté au cinéma notamment par Jean Renoir, Luis Buñuel ou encore plus récemment par Benoît Jacquot), le film est une variation contemporaine autour de thèmes précis, de la domination sociale à l’hypocrisie bourgeoise, en passant par le travail invisible et les rapports de classe. En déplaçant le récit dans la France d’aujourd’hui et en remplaçant la domestique du XIXème siècle par une immigrée roumaine travaillant pour une famille bordelaise, Jude montre à quel point le regard de Mirbeau demeure d’une actualité troublante.
Le dispositif imaginé par le réalisateur est particulièrement stimulant. Gianina, employée de maison loin de sa fille restée en Roumanie, répète parallèlement une adaptation théâtrale du roman. Cette mise en abyme se révèle être particulièrement pertinente : le personnage semble rejouer malgré elle une histoire ancienne qui continue de structurer le présent. Jude ne cherche jamais à moderniser artificiellement le texte mais à montrer que les mécanismes d’exploitation décrits par Mirbeau n’ont jamais disparu. Ils ont simplement changé de forme, se sont intégrés à une Europe contemporaine où les travailleurs de l’Est viennent prendre en charge les tâches domestiques invisibles de l’Ouest.
L’une des grandes réussites du film tient précisément dans cette manière de parler de politique à travers le quotidien le plus banal. Jude filme les repas, les silences gênés, les demandes absurdes, les humiliations discrètes. Pourtant, derrière cette simplicité, chaque scène produit un léger malaise moral, notamment entretenu par les répliques cinglantes de Gianina en roumain qui n’hésite pas à insulter ses patrons, enfant compris, exprimant ainsi une rage toute contenue. La domination n’est jamais spectaculaire ; elle se niche dans des détails, des attitudes, des automatismes sociaux. Les bourgeois incarnés notamment par Vincent Macaigne et Mélanie Thierry ne sont pas réduits à des monstres caricaturaux au sens propre du terme, mais ils n’en demeurent pas moins ridicules, enfermés dans leurs contradictions, parfois attachants, mais profondément incapables de voir la violence implicite de leur position sociale. Le rapport à l’exil, à la distance familiale, à la fatigue du travail domestique, sont des thématiques abordées. Gianina apparaît ainsi comme un personnage «usé» par une Europe qui organise la circulation économique des corps tout en produisant de nouvelles formes de solitude / servitude.
La mise en scène, volontairement dépouillée, accompagne parfaitement cette démarche et investit à merveille les possibilités offertes par le journal intime. Les dialogues semblent parfois presque trop secs, le montage est abrupt (la plupart des cuts intervenant alors que les scènes ne semblent pas terminées) et Jude continue de travailler les ruptures de ton qui caractérisent son cinéma.
Si, avec Le Journal d’une femme de chambre, Radu Jude signe l’un de ses films les plus accessibles, il n’a rien perdu de sa radicalité politique ni de son acidité. Derrière l’ironie mordante et l’observation acérée des rapports de classe, le film touche surtout par sa grande justesse notamment dans la fracture entre Europe occidentale et Europe de l’Est (et sur le regard que porte la première sur la seconde). Un film remarquable qui confirme, s’il en était encore besoin, que Radu Jude est l’un des cinéastes européens les plus puissants et les plus pertinents. » (movierama.fr)

« … Librement inspiré du roman de Mirbeau, le film affecte d’épouser la forme du journal intime, d’octobre à décembre. Mais les jours se succèdent à toute vitesse, la voix intérieure est absente. Les coupes sont abruptes, parfois en plein milieu d’un dialogue ; quand les personnages ne s’interrompent pas les uns les autres, dans une absence d’écoute sidérante, c’est le réalisateur qui leur coupe la chique: entre ce qu’ils disent et ce qu’ils sont s’étend un gouffre, dont le montage sauvage réplique la violence sourde…
… La violence sociale que dissèque Jude ne s’exerce pas seulement sur les corps et le travail : elle atteint aussi les imaginaires. Gianina, peu au fait de la grande Histoire de son pays, est en revanche une conteuse hors pair, talent qu’elle tient d’un aïeul. Elle fascine Louen par ses contes traditionnels cruels, qui ne se terminent jamais bien. Au coeur du film, un très beau montage fait alterner la narration-performance d’une légende sur le temps et la mort avec des plans fixes de paysages roumains, faits de bâtiments décrépits et de pancartes publicitaires (on pense à la longue séquence bucarestoise de Bad Luck Banging or Loony Porn). Dans un film sec, c’est une pause méditative et poétique, qui ne cherche pas à se parer d’un sens métaphorique. Il s’agit juste d’une âme qui divague vers des terres dévastées mais chères. Mais l’imaginaire lui-même subit les assauts de la bien-pensance : on finit par demander à Gianina d’édulcorer ces histoires millénaires. Tout en privant son conte de Noël de la fin heureuse tant attendue. Le Journal d’une femme de chambre aurait tout aussi bien pu emprunter le titre du film de Pedro Almodóvar : Amarga Navidad. D’amertume cependant il n’est pas tant question que d’insolence et, au sein même du naufrage, de douceur. » (culturopoing.com)
« … Le cinéaste témoigne d’une attention particulière à l’espace urbain. S’il filme l’architecture raffinée des façades historiques, ce n’est pas pour louer le prestige du patrimoine français, mais plutôt pour le figurer tel un mirage, ce que suggère un passage tourné sur le Miroir d’eau bordelais dans lequel se reflète la place de la Bourse. L’élégante vitrine de la métropole ne tarde pas à se fissurer : au cours de ses pérégrinations, Gianina est régulièrement accostée et insultée par des SDF, tandis qu’elle montre à sa fille lors d’un appel vidéo les sculptures racistes héritées du passé colonial de la ville qui ornent les bâtiments. La question de la lutte des classes, déjà au coeur du roman, s’ouvre ainsi à un problème plus vaste : celui de la domination de l’Occident, dont la richesse repose sur l’exploitation et la misère – un schéma qui structure autant son histoire passée que contemporaine à travers le recours à une main-d’oeuvre immigrée et sous-payée.

La férocité de la charge satirique n’entame pas la précision de l’observation sociologique et la peinture des différentes facettes de l’ethos des dominants, qu’il soit quasiment aristocratique chez le couple interprété par Vincent Macaigne et Mélanie Thierry, ou qu’il relève d’une bourgeoisie intellectuelle de gauche et bien pensante, avec la troupe de théâtre amateur qui monte une adaptation du roman de Mirbeau avec Gianina dans le premier rôle. Là où Dracula adoptait un registre univoquement grotesque, Le Journal d’une femme de chambre module plus finement la force de ses attaques. L’adaptation théâtrale donne l’occasion à Jude de renouer avec la veine outrancière qui lui est chère (même si elle n’est pas toujours convaincante), les acteurs poussant les curseurs du sous-texte sexuel et masochiste du roman original. Dans les scènes d’appartement, Jude déploie une ironie mordante à l’égard du couple bourgeois, qui fonctionne comme un duo comique dissonant : lui s’efforce d’afficher une convivialité chaleureuse à l’égard de la domestique, tandis qu’elle incarne une distance plus rigide, tout en surjouant parfois l’empathie. Le rapport de domination ne passe pas ici par l’affrontement direct ou l’humiliation…
… À la quasi-parodie d’un certain cinéma français bourgeois et au registre farcesque des scènes théâtrales s’ajoutent ainsi de nombreuses images de la Roumanie rurale, qui ponctuent le récit, notamment à travers les appels vidéos entre Gianina et sa fille restée au pays. Le montage disruptif produit une temporalité décousue : certaines ellipses couvrent de longues périodes, tandis que d’autres segments s’attardent au contraire sur des jours successifs. Une même journée peut aussi bien se composer d’une scène dialoguée relativement classique que d’un plan de paysage ou d’une image montrant Gianina absorbée dans ses tâches ménagères. Cette impression de désordre est encore accentuée par les coupes abruptes dont Jude use de façon plus ou moins ironique, interrompant parfois un personnage au moment précis où il s’apprête à parler. La fragmentation de la narration qui en résulte fait directement écho à une légende roumaine racontée par Gianina à l’enfant de la famille : celle d’un jeune homme qui, ayant quitté les siens, découvre à son retour que le temps a passé beaucoup plus vite qu’il ne l’imaginait et que ses parents sont morts en son absence. Cette fable, racontée en voix off sur des images de la campagne roumaine marquées par la désolation et l’érosion des bâtiments, renvoie évidemment à la situation de Gianina elle-même, condamnée à vivre loin de sa fille sans pouvoir la voir grandir. Le récit ouvre certes un horizon discursif explicite, mais celui-ci s’incarne surtout par l’agencement chaotique des plans qui semble trouer le quotidien de Gianina. Au-delà de leur ironie, les disjonctions opérées par Jude finissent par faire surgir une émotion sincère, en donnant forme à la manière dont le capitalisme vampirise le temps des plus précaires. À mesure que la surface policée de la bourgeoisie se craquèle, apparaissent dans ses débris la violence et la mort sur lesquelles elle s’est construite. »(critikat.com)
Présentation du film et animation du débat avec le public : Josiane Scoleri.
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