Résurrection



Vendredi 09 Janvier 2026 à 19h30

Cinéma Jean-Paul Belmondo (ex-Mercury) – 16 place Garibaldi – Nice

Film de Bi Gan, Chine, 2025, 2h40, vostf.


Un jeune homme rêveur se réincarne dans cinq époques. Tandis que le XXème siècle défile, une femme suit sa trace…

À la suite d’Un grand voyage vers la nuit (2018), Bi Gan avait commencé à travailler sur un projet de film radicalement différent que celui de Résurrection puisqu’il était question de l’étude psychologique d’un meurtrier dans une approche réaliste. Mais la pandémie de coronavirus en 2020 en a décidé autrement. Le réalisateur a alors complètement repensé sa création et a mis de côté tout ce qu’il avait écrit. Il a alors décidé d’écrire une nouvelle histoire en songeant qu’elle devait s’inscrire dans une perspective séculaire. Il explique : «Le cinéma a sa propre histoire, et j’ai une vision claire de cet héritage cinématographique. Mais dans cette continuité, je sens que chaque terre, chaque peuple a son propre destin. Et dans ce destin centenaire, une question émerge naturellement : aujourd’hui, que signifie l’existence d’une personne née dans un lieu précis, avec un sang, des gènes particuliers ? Quel est le questionnement philosophique qui la hante ? On retrouve souvent cela dans la littérature : un personnage, un symbole, tourmenté, aspirant à quelque chose de meilleur tout en se détruisant à sa manière. Il se retrouve soudain emporté par un destin qu’il ne maîtrise pas, un destin qui pourtant est universel, bien au-delà d’un pays ou d’un peuple. C’est ce qui m’a poussé à créer un “monstre cinématographique”, car le cinéma lui-même est le medium idéal pour exprimer cela. En travaillant sur ce film, j’ai voulu le saturer d’informations, faire vivre au public un siècle entier en deux heures et demie, comme s’il était ce monstre. J’ai cherché à ressusciter cette beauté qui appartenait autrefois au cinéma».

En tout, le tournage de Résurrection s’est étiré sur plus d’un an, de mars 2024 à avril 2025. Résurrection a bénéficié d’un généreux budget de 15 millions d’euros. Parmi les nombreux moments de bravoure du film, il y a notamment ce long plan-séquence qui dure quarante minutes.

Le comédien Jackson Yee joue cinq rôles dans le film. En tout, le travail du comédien sur Résurrection a duré un an et demi. Jackson Yee, né en 2000 et diplômé de la Central Academy of Drama, est l’un des acteurs chinois les plus en vue de sa génération. Il fait ses débuts au cinéma dans un rôle principal avec Better Days (2019), film sélectionné pour l’Oscar du Meilleur Film International lors de la 93ème cérémonie des Academy Awards, marquant ainsi sa première reconnaissance mondiale. Pour son interprétation de Liu Beishan, il remporte le Prix de la Révélation Masculine lors de la 39ème cérémonie des Hong Kong Film Awards et est nommé pour le Prix du Meilleur Acteur aux 33ème Golden Rooster Awards. En 2020, Yee tient le rôle principal dans A Little Red Flower, pour lequel il obtient une nouvelle nomination au Golden Rooster du Meilleur Acteur (34ème édition) pour son interprétation de Wei Yihang. Son rôle dans le film de guerre épique Heroes – The Battle at Lake Changjin (2021) contribue à faire de celui-ci le plus grand succès de l’histoire du box-office chinois. En 2022, il apparaît dans Nice View et The Battle at Lake Changjin II. Sa performance dans Nice View, où il incarne Jing Hao, lui vaut une troisième nomination au Golden Rooster du Meilleur Acteur ainsi qu’une nomination aux 36ème Hundred Flowers Awards. En 2023, Yee joue dans le thriller historique Full River Red de Zhang Yimou, qui devient le film le plus lucratif de l’année en Chine. Son interprétation du rusé commandant adjoint « Sun Jun » lui vaut le Prix du Meilleur Acteur au 18ème Festival du film de Changchun (Golden Deer Awards). En 2024, Big World, dans lequel Yee tient le rôle principal, est sélectionné en Compétition Officielle au 37ème Festival International du Film de Tokyo, où il remporte le Prix du Public, renforçant ainsi sa réputation internationale grandissante.

Shu Qi est née en 1976 à Taiwan, où elle a vécu jusqu’à ses 17 ans. Elle part ensuite à Hong Kong et devient peu à peu une des comédiennes les plus en vues du cinéma hongkongais, jouant notamment sous la direction d’Andrew Lau ou encore de Mabel Chaung. En 2001, elle est révélée sur la scène internationale avec Millennium Mambo du réalisateur taiwanais Hou Hsiao-Hsien. Elle collabore à deux reprises avec le cinéaste, notamment pour Three Times en 2005 et pour The Assassin en 2015, un film d’action contemplatif se déroulant à l’époque de la dynastie Tang, où Shu Qi joue une tueuse impitoyable. The Assassin a été récompensé par le prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2015. Elle alterne aujourd’hui entre superproductions internationales et films d’auteurs taiwanais.

Avec Résurrection, Bi Gan retrouve le chef opérateur Dong Jinsong, avec qui il avait déjà travaillé sur son précédent long-métrage, Un grand voyage vers la nuit (2018).

La bande-originale du film est composée par le groupe de musique français M83, qui a notamment signé les musiques des longs-métrages de Yann Gonzalez (Les Rencontres d’après-minuit – 2013 ; Un couteau dans le coeur – 2018) ainsi que du blockbuster Oblivion de Joseph Kosinski (2013).

Résurrection a été présenté en Compétition au Festival de Cannes 2025. Il est notamment reparti de la Croisette avec un prix spécial du jury. Outre le Festival de Cannes, Resurrection a également été présenté dans d’autres festivals prestigieux comme celui de Karlovy Vary en République Tchèque, Melbourne ou encore Busan en Corée du Sud.

Notre critique

par Bruno Precioso

Il a pu sembler à certains critiques que Bi Gan, le jeune prodige du cinéma chinois, avait à 35 ans été frappé d’hybris en prétendant réaliser un film qui caressait l’ambition folle de dévorer en une seule trajectoire de somnambule l’histoire même du cinéma.
L’éblouissement produit par ce poème-fleuve puise sans doute pour partie à cette impossible quête de recueillir la totalité de la vie d’un art, si jeune soit-il ; mais au-delà de la virtuosité déployée pour ce 3e long métrage, Bi Gan prolonge avec plus de cohérence qu’il n’y paraît une ligne qu’il a entamée avec le 1er long qui l’a révélé à 25 ans, Kaili blues (primé à Locarno en 2015), et maintenu au fil de son Grand voyage vers la nuit (2019).

De film en film le réalisateur est travaillé par une obsession constante, celle du temps comme matière malléable : un temps circulaire et intime dans Kaili Blues où présent, passé et futur se fondent doucement jusqu’à la confusion parfaite opérée dans un remarqué plan-séquence central, le temps est affaire de mémoire, de blessures et de deuils. Avec Un grand voyage vers la nuit, le temps devient subjectif et mental. La seconde partie qui commence à la plongée en tyrolienne dans un long plan-séquence onirique, conduit le spectateur dans un souvenir fantasmé, et la mémoire souffrante de Kaili Blues devient rêve éveillé porté par la nostalgie amoureuse.

Résurrection ouvre un nouvel élargissement, et le temps change d’échelle, devient historique, cosmique et cinématographique. Le film traverse des époques, des styles, des formes du cinéma, déborde l’écran. Il embrasse dans une même fusion poétique toutes les formes qu’a épousées le septième art et toutes les émotions qu’il a suscitées. S’y côtoient tous les formats (de l’image carrée originelle au scope), tous les supports (vidéo, pellicule), plusieurs genres (polar, S.F., film de vampires, film de fantômes…) et une pluie continuelle de citations qui sont la chair de chaque séquence, chaque image, comme si chaque plan n’était que le flash éphémère d’un appareil photo éclairant pour un instant un des visages de cent ans de cinéma. Méliès, Orson Welles, John Woo, Mizoguchi, Bergman s’invitent tour à tour, transfigurés par une scénographie de plasticien halluciné.

« Qui n’a pas dormi devant un grand film n’a rien compris au cinéma » (M. Duras, Le cinéma que je fais)

On chercherait en vain une narration canonique dans cette déambulation, car dans Résurrection le cinéma n’imite pas la vie mais la mécanique du rêve, et cherche à constituer pour le dire avec les mots de Jérôme Prieur un lieu où l’on peut se loger dans le fond du plan pour y faire son chemin. Bi Gan se place du côté du « spectateur nocturne » plutôt que de celui du héros, de l’acteur.
Dans le dédale de ce nouveau labyrinthe, forme qu’affectionne le réalisateur chinois, chacun est invité à rééditer l’expérience évoquée dans L’homme ordinaire du cinéma par Jean Louis Schefer qui renverse la perspective cinématographique et affirme : ceux qui ont « regardé notre enfance, ce sont les films que nous avons vus. Notre mémoire se forme ainsi dans le cadre de séances d’irradiation […] déposé en nous… le cinéma est en nous, à la manière d’une chambre ultime où tourneraient à la fois l’espoir et le fantôme d’une histoire intérieure. » Ici nul besoin d’entrer, c’est le film qui entend se glisser du côté du spectateur, s’autoriser une marche intérieure avec lui, en lui. C’est la position du rêvoleur – l’anglais dit fantasmer, celui qui fantasme mais aussi le fantôme – qui se déploie d’autant mieux dans le plan séquence.

On pourrait croire que c’est de Résurrection que parle Marguerite Duras, à un demi-siècle de distance : « Le film ne se déroule pas, il agit. Très vite, l’accord se fait entre le film et vous, vous passez de l’autre côté, sur sa rive c’est-à-dire que son axe restant le même, son champ vous gagne et vous y entrez à votre tour, vous (…) il vous entraîne dans sa fréquence, son irrésistible et immobile avancée. »

Que le cinéma aille à sa perte, c’est le seul cinéma.
Que le monde aille à sa perte, qu’il aille à sa perte, c’est la seule politique.

(Marguerite Duras, Le Camion, 1977 – projet 1)

La structure en épisodes sensoriels fait de Résurrection une méditation sur le cinéma lui-même dans sa capacité à évoquer, à générer l’expérience émotionnelle intime : Bi Gan fait tout pour contrarier l’attachement à des personnages ou à une trame narrative pour donner toute sa place à la contemplation des images, des textures, des sons et transitions; la structure finit par émerger de la répétition et la rêverie.

Résurrection refuse toute pédagogie, n’explique ni son monde, ni ses règles, ni ses glissements , refuse les clefs de lecture explicites mais fonctionne par résonances, associations d’images, de sons, de gestes. Le sens n’est pas à extraire, il est à éprouver, ce qui suppose de se mettre dans un état autorisant la perception des micro-variations (lumière, respiration, texture sonore) ; pour ce faire la photographie de Dong Jingsong déploie toute sa partition dans des décors et des costumes somptueux.

Il s’agit donc ici d’habiter le temps, sans attendre un événement, comme un attrape-rêves capturant l’imaginaire même du spectateur. Cette recherche de l’extrême présence est aussi au centre de la forêt de signes dont est planté Résurrection ; réflexion sur la capacité du cinéma à ressusciter des formes cinématographiques perdues, c’est une oeuvre consciente de son héritage, convoquant des références, des esthétiques historiques et des styles mais jamais dans l’intention d’une pose cinéphilique. Le film ne fonctionne pas comme un jeu de reconnaissance : reconnaître une référence n’aide pas à « comprendre » ; ne pas la reconnaître n’empêche pas de ressentir. Cette marche dans le brouillard nous donne à contempler une désincarnation progressive du monde, comme la traduction sur grand écran de la figure deleuzienne du pli, mimétique des méandres du cerveau où tient tout entier cet autre long voyage vers la nuit du cinéma – vers le crépuscule d’un monde entier ; le nôtre. « Méfiez-vous du rêve des autres, parce que si vous êtes pris dans le rêve de l’autre, vous êtes foutu » affirmait Gilles Deleuze, lors d’une conférence à la Fémis en 1987… Il semble bien que Bi Gan ne nous laisse donc pas d’autre choix que de rêver notre propre film.

Sur le web

« Le Chinois Bi Gan invente un monstre à rêves : un homme-cinéma, à l’intérieur duquel un projecteur le propulse dans une traversée onirique de films qui sont autant de songes sophistiqués, d’une terrassante beauté. Prix du Jury au Festival de Cannes, Résurrection promet la vie éternelle du cinéma…

Resurrection recoud des yeux nouveaux sur nos vieilles figures de spectateurs qui ont traversé l’histoire du cinéma depuis 130 ans. Par cette réjuvénation du regard, il donne accès à une expérience fondatrice. Rembobinons ! Il nous semble, sous le charme hypnotique de ce chef-d’oeuvre enchanteur, voir le cinéma comme si nous ne l’avions jamais vu. Ce que ranime le cinéaste chinois, avec Résurrection, c’est la révélation d’une prestidigitation ; le mouvement de la vie et de l’imaginaire ; la magie du cinéma.

Bi Gan, et c’en est vertigineux, paraît devenir l’inventeur de la machine à rêves Lumière. Il se fait démiurge de visions hallucinantes, d’une constante inventivité, qu’elle soit narrative, dramaturgique et formelle. Et même sensorielle, puisqu’il s’attache à la mise en éveil de tous les sens, successivement la vue, l’ouïe, le goût, l’odorat et le toucher, qui font corps avec la conscience réveillée que ses images-rêveries exigent… » (bande-a-part.fr)

« … Avec Résurrection, seulement son troisième film, le cinéaste de 35 ans explore encore une fois la distorsion du temps et du réel, mais avec une puissance démultipliée. Parce que Résurrection n’est pas tant un film que six oeuvres en une, dont l’ambition formelle dépasse à peu près tout ce que le cinéma récent a pu faire (qu’il soit d’un calibre hollywoodien ou indépendant). Une oeuvre sensorielle où chaque chapitre évoque un des cinq sens humains à travers un labyrinthe hypnotisant nous faisant traverser près d’un siècle d’existence… et de cinéma… » (ecranlarge.com)

« Dans Résurrection, le réalisateur parvient, dans un tour de passe-passe ultra-créatif, à raconter le XXème siècle à travers un voyage dans la fantastique imagerie du cinéma depuis ses origines… Ce film littéralement hallucinant, bercé par des airs de Chopin, de Bach, de rock ou de musique traditionnelle chinoise, et les compositions du groupe électro français M83, emprunte à tous les genres, du muet au polar, en passant par le film de vampire. Il nous embarque dans une rêverie à épisodes, parfois un peu longs, mais toujours d’une beauté saisissante. Le réalisateur chinois, au-delà de cette plongée dans les entrailles du 7ième art, dessine d’un trait l’histoire du XXème siècle, en version pas très optimiste…

… Portes dérobées, ombres projetées, miroirs, perspectives déformées, démultipliées, mises en abyme, des plans-séquences qui durent jusqu’à 40 minutes pour l’un d’entre eux… Cet imaginaire sans limites offre à chacun, comme dans les rêves, la liberté d’interpréter et de donner un sens à ce conte fantastique. » (franceinfo.fr)

« «ll n’est pas nécessaire de tour comprendre à un film pour l’apprécier. L’essentiel est parfois de se laisser emporter», déclarait David Lynch au moment de la sortie de Mulholland Drive. Bi Gan pourrait en dire autant pour Résurrection.

Ce périple d’un jeune homme (Jackson Yee, transfuge du groupe TFBOYS) suivie par une femme mystérieuse (Shu Qi, découverte dans Millenium Mambo de Hou Hsiao-sien) se développe en cinq segments et autant d’époques. Le réalisateur trentenaire du Grand voyage vers la nuit et de Kaili Blues envoûte en entraîne le spectateur à la suite de ses héros pour un hommage grandiose au cinéma et à l’art de rêver. «Comme le rêve, le cinéma n’est pas fait pour sauver le monde mais pour le rendre plus beau», confie-t-il.

Cela amuse beaucoup Bi Gan quand on lui dit qu’on n’a rien compris à son film, et que cela ne nous a pas empêchés de l’adorer. «La sensation peut être plus forte que la compréhension, le ressenti peut emporter plus loin que l’intellect. Il suffit de se laisser aller, confie-t-il dans un sourire. J’ai cherché à offrir un voyage en dehors du temps où le spectateur vient avec son bagage»…

… La beauté de Résurrection réside dans les images d’une richesse ahurissante de cette production pharaonique de plus de quinze millions d’euros mais pas seulement. Les cinq sens sont sollicités par Bi Gan. «La vue et l’ouïe, bien sûr, car c’est l’essence même du cinéma, mais j’aimerais que le public pense aussi au goût, à l’odorat et au toucher, un peu comme dans un songe où on croit ressentir cela alors que rien n’est réel». Et cela fonctionne de façon incroyable ! Pendant deux heures quarante, on vibre de tous ses sens.

«Ce n’est pas un film qui est là pour donner une réponse à quoi que ce soit, c’est un film qui fonctionne comme un miroir qu’on tend et dans lequel on se voit mais et surtout qui nous ramène à notre jardin intérieur, notre jardin perdu», précise Bi Gan. C’est peut-être cela qui fait la force de son cinéma exigeant mais tellement libérateur. » (20minutes.fr)

« … La question de la nature même de ce film risque d’animer les débats cinéphiles pendant un moment. S’agit-il d’un rêve dans un film ? Ou d’un film dans un rêve? Ou d’un rêve dans un film dans un rêve? Le film rendant ainsi la structure d’ « Inception » d’une simplicité limpide. La séquence d’ouverture est filmée en vue subjective depuis un spectateur endormi au fond d’une salle de cinéma. Le terme de vue subjective est alors légèrement galvaudé puisque celui-ci a les yeux fermés. Mais c’est là toute l’ambiguïté du film qui ne pourrait être que le rêve d’un cinéphile endormi.

Puis le film-rêve nous transporte au temps du cinéma muet et de la pellicule argentique avec une atmosphère qui rappelle particulièrement le cinéma horrifique d’alors, celui de Friedrich Wilhelm Murnau ou de Todd Browning. Nous traversons ensuite des genres divers, du mélodrame façon Douglas Sirk au polar Hong-kongais de John Woo. Mais Bi Gan a le bon sens de ne jamais nous amener dans des registres trop marqués, comme le cinéma de genre ou la comédie, ce qui conserve un peu de cohérence à une intrigue malgré tout difficilement lisible.

Il n’en demeure pas moins que Résurrection fascine par sa beauté plastique et par ses multiples références qui raviront les cinéphiles. Mais parviendra-t-il à rassembler un plus large public ? Long, tortueux, abstrait, voire abscons, il apparaît comme une ?uvre peu accessible qui laisse présager un succès public limité. Mais il mérite au moins un beau succès d’estime. Et le jury de festival de Cannes ne s’y est pas trompé en lui accordant un prix spécial. » (abusdecine.com)

« Avec Résurrection, le cinéaste chinois Bi Gan signe une oeuvre vertigineuse, fidèle à ses obsessions formelles et métaphysiques. Connu pour les stupéfiants Kaili Blues et Long Day’s Journey Into Night, il poursuit son exploration des limbes entre réalité et rêve, cette fois dans un futur où l’humanité a perdu la capacité de rêver — un postulat de science-fiction qui devient le point de départ d’un voyage sensoriel et poétique d’une beauté étrange éblouissante mais souvent décousue.

Le récit, fragmentaire et fluide, suit le «Rêvoleur» (ou Fantasmer), interprété par Jackson Yee, seul être humain capable de rêver encore. Ce néologisme poétique, formé sur les mots «voleur» et «rêver» désigne celui qui rêve, mais aussi celui qui dérobe des rêves ou qui les fait circuler dans un monde qui en est privé. Accompagné par une femme énigmatique, il traverse différentes époques de l’histoire chinoise, glissant d’une incarnation à l’autre à travers six chapitres symbolisant les cinq sens et l’esprit. Ce découpage donne au film sa structure éclatée : Résurrection ne se raconte pas, il se traverse comme un labyrinthe, avec ses chambres secrètes, ses fausses issues et ses retours en arrière. Il s’en dégage un sentiment de désorientation permanente, où le spectateur, tel un somnambule, doit accepter de perdre ses repères pour mieux percevoir les lignes de fuite du récit.

Visuellement, Bi Gan impose un langage propre, empruntant au cinéma expressionniste allemand (de Caligari à Nosferatu) ses angles obliques, ses contrastes marqués et ses décors stylisés. La photographie de Dong Jingsong excelle à faire surgir l’étrangeté du quotidien : couloirs vides, lumières instables, textures lisses et déroutantes construisent un espace à la fois mental et tangible, hanté par l’idée d’un monde vidé de son inconscient.

Cette ambiance est sublimée par la bande-son atmosphérique de M83, dont les nappes électroniques prolongent l’impression d’un temps distendu. Le montage, volontairement discontinu, accentue cette impression de glissement incessant, comme si chaque séquence était un rêve fragmenté s’effaçant avant d’avoir livré tout son sens.

La conception des décors joue un rôle fondamental, non pas seulement en tant que cadre esthétique, mais comme véritable interface mentale et symbolique. Pensés par le chef décorateur Liu Qiang (collaborateur de longue date du réalisateur), les espaces sont construits comme des paysages psychiques, à la frontière du réel et du rêve, du souvenir et de la sensation.

Résurrection n’est pas un film d’intrigue mais une expérience immersive, conçue comme une interface sensorielle. Ses dialogues rares, son rythme méditatif et ses ruptures de ton déroutent autant qu’ils fascinent. On y trouve moins des réponses qu’une invitation à ressentir les strates du temps, les fantômes de l’histoire chinoise, et les creux de l’identité. Car la narration éclatée de Résurrection n’est pas simplement un obstacle — elle est la matière même du film. Plutôt que de raconter une histoire selon une logique linéaire, Bi Gan construit un espace mental, fait de réminiscences, de visions disjointes, de couches superposées. C’est déroutant, oui, parfois frustrant. Mais c’est aussi profondément cohérent avec le sujet du film : une humanité orpheline de ses rêves, où le réel lui-même se disloque.

Le vertige qui en découle est moins celui du chaos que celui d’un rêve lucide — vous savez que vous êtes en train de rêver, vous cherchez des signes, mais ils se dérobent. Ce sentiment est renforcé par la fragmentation des chapitres (cinq sens + esprit), par le flou temporel, et par l’effacement progressif des repères narratifs. À un moment, on ne sait plus si l’on suit un homme, une idée, un souvenir ou une forme de deuil.

En ce sens, Résurrection ne se regarde pas avec l’oeil du spectateur rationnel, mais avec celui du rêveur éveillé. Pour certains, cette esthétique de la dérive sera trop opaque. Pour d’autres, elle touchera juste. Bi Gan ne fait pas un film « écrit par une IA » — mais il filme comme si le rêve lui-même était devenu l’algorithme du récit, imprévisible, répétitif, fractal. Certains y verront un cinéma décousu, trop flottant ; d’autres une tentative radicale de représenter ce que signifie exister sans mémoire collective. Résurrection est une oeuvre limite, aussi fascinante qu’exigeante, qui repousse les frontières du visible et de l’intelligible. Un poème sci-fi qui place le spectateur non devant une histoire, mais dans un rêve devenu orphelin de son rêveur. » (culturopoing.com)

« Splendide sur les plans narratif et visuel, ce bijou du nouveau prodige du cinéma chinois n’est pas d’un abord facile mais ravira les spectateurs acceptant de se livrer à une envoûtante expérience artistique… Résurrection est le film le plus envoûtant de Bi Gan, réalisateur chinois majeur, révélé avec son premier long métrage, Kaili Blues, sorti en France en 2016. Il avait ensuite créé l’événement dans la section Un Certain Regard 2018 avec Un grand voyage vers la nuit. Se référant à la littérature de Modiano aussi bien qu’à la peinture de Chagall, cette oeuvre inclassable, qui croisait le polar et le romanesque, se caractérisait par une fascinante construction déstructurée. Pour son troisième long métrage, Bi Gan place la barre encore plus haut… Mais pour qui se laissera bercer par l’atmosphère hors norme du film et sa richesse inouïe, le bonheur de cinéma sera indéniable. Dans un futur post-apocalyptique (nous sommes au deuxième tiers du XXIe siècle), une femme s’est retrouvée presque inconsciente après avoir été opérée du cerveau. Elle découvre dans ce monde dévasté le corps inerte d’un androïde, qu’elle tente de ranimer. À cette fin, elle lui narre, toutes les nuits, des récits tirés de l’histoire de la Chine. La talent de conteuse de la femme réactive progressivement les sens du robot… Ne comptez pas sur le scénario de Bi Gan pour être éclairé sur le maoïsme ou la politique agricole de Deng Xiaoping… L’objectif du cinéaste est tout autre et le cadre historique, inséré dans une approche privilégiant le fantastique et l’onirisme, est davantage un prétexte qu’une fin en soi. Même si le récit respecte une certaine linéarité (la dimension temporelle n’est pas vraiment éclatée), Résurrection est davantage axé sur un enchaînement de péripéties et de mises en abyme qu’au déroulement d’une intrigue classique. Des années 1910 à la Chine transformée de la période actuelle, le spectateur est entraîné dans un univers mêlant murmures, bains de sang et comportements métaphoriques. Résurrection n’est pas de tout repos et il faut s’accrocher pour en saisir tous les tenants et aboutissants, ainsi que le sens caché de tous ses symboles. En ce sens, le film fait écho à plusieurs monuments riches de signification de l’histoire du septième art, tels que L’année dernière à Marienbad ou La clepsydre. On est vite subjugué par un montage vertigineux, et ce dès la première demi-heure, qui revisite les codes du muet, et pourrait laisser penser à un pendant expressionniste de The Artist. Pendant tout le film, plans longs, mouvements de caméra flottants, jeu sur les couleurs ou expérimentations de bruitage confirment le sens visuel et sonore d’un cinéaste qui ne tombe cependant pas dans l’effet de style gratuit…

… Les amateurs se feront un plaisir de reconnaître quelques-uns des visages familiers du cinéma asiatique. Autour de Shu Qi (The Assassin) et Jackson Yee (Full Red River), qui jouent le couple central, plusieurs interprètes irradient l’écran, tels Marc Chao (Her Story), Zhang Yi (Black Dog), Zijian Dong (Au-delà des montagnes), Lei Hao (Une jeunesse chinoise), Huang Jue (Savage) et Lee Hong-chi (Face à la nuit). Même s’il sera permis de décrocher par instants devant cette oeuvre qui mène hors de sa zone de confort filmique, Résurrection est indiscutablement un long métrage majeur qui coche toutes les cases du futur film culte. » (avoir-alire.com)

« … De plan en plan, le film cherche un point de vue, un angle décalé, une respiration. Il prétend restituer les logiques d’un rêve et, par de nombreux instants, parvient à suggérer que tout peut basculer, mais cette sensation est toujours retenue par le dispositif. L’expérience du rêve se vit dans une forme paradoxale : le film en adopte les procédés – enchâssements, coupes sèches, motifs récurrents – sans toutefois atteindre pleinement la liberté qu’ils promettent. Le cinéma devient ici une manière de rêver le temps, de lui restituer sa souplesse perdue, même si certains effets (les plans de cire fondante, transitions assez appuyées) laissent percevoir son artifice. L’enchaînement des plans repose moins sur des associations libres que sur une logique de motifs stylisés, d’échos mémoriels – un temps subjectif, certes, mais toujours cadré. Ce n’est que progressivement que cette mécanique se relâche, et dans le dernier segment, quelque chose bascule enfin : le montage disparaît presque totalement et un plan-séquence de trente-sept minutes instaure une continuité flottante, rythmée par le mouvement des personnages et de la caméra…

… Le cinéma de Bi Gan n’a jamais été aussi conscient de sa propre fragilité : il se réfléchit, littéralement, jusqu’à se dissoudre dans ses surfaces. Les miroirs deviennent membranes de passage : chaque reflet ouvre sur un autre espace, une autre version du rêve. Le polar devient fiction de la disparition : celle du réel, de l’image, de la certitude qu’un plan peut encore contenir le monde… » (debordements.fr)

« … Visuellement splendide, Résurrection ne saurait être réduit à un brillant exercice de style. Véritable tour de force, le film n’ambitionne rien de moins que de raconter le cinéma, sa diversité, sa puissance visuelle et sensuelle. Plus qu’intellectuel, son cinéma, est celui de l’émotion, presque de la volupté. A l’origine de Résurrection l’idée de réaliser un film à sketch où chaque segment s’appuierait sur l’un des cinq sens. Nous projetant à chaque fois dans une époque différente, Bi Gan revisite (presque) tous les genres : fantastique, amour, polar, vampire, drame… À chaque fois avec la même maestria. Le film débute avec la naissance du cinéma muet et se clôturera à l’aube d’un nouveau millénaire, qui voit la Chine débuter sa mutation. Cet étonnant parallèle entre l’histoire d’un pays et celle d’un art, avec dans les deux cas la nostalgie d’une époque révolue et l’angoisse d’un monde déshumanisé, est d’une cohérence totale. Fiction et Histoire se contaminent, rappelant ainsi que le cinéma est une des meilleures façons de rendre compte des mutations du monde. Le propos appelant ainsi un style protéiforme, on pense ainsi à Méliès, Tarkovski comme à Kurosawa (notamment Rêves), et évidemment à Wong Kar Wai, dans un polar (quelque peu abscons, avouons-le) qui est probablement la séquence la plus belle et paradoxalement la seule que l’on trouvera un peu hermétique du film…On oublie volontiers la marche du récit pour se laisser porter par les images, la poésie et la mélancolie : un vrai programme de cinéma donc, et le véritable sujet du film répétons-le. Grâce à la succession des différents genres cinématographiques, Bi Gan nous parle d’un art où le fantasme et le rêve l’emportent sur la réalité. Dans Résurrection, rêver est devenu un acte de piraterie avec la mort des utopies, remplacées par la loi des chiffres et, pire encore, les croyances fanatiques des intégristes et extrémistes de tous bords. Et bien sûr la fermeture des cinémas. Il est dès lors logique de s’affranchir des codes du récits traditionnels. Dans cette Chine nouvelle, la vie est éternelle pour celui qui ne rêve pas, pour celui qui sait se mettre au pas d’un matérialisme forcené. Les rêveurs sont des marginaux, des contrebandiers qui transportent un monde avec eux. Les temps nouveaux sont ceux du consumérisme, du profit – un cliché autant qu’une réalité à laquelle Bi Gan oppose le cinéma, le grand art du XXème siècle.

Le cinéma de Bi Gan, volontiers poétique, ne suit donc pas un schéma narratif classique, le réalisateur préférant un univers de sensations (chaque séquence s’attache à un de nos sens en particulier) et d’aventures : Bi Gan ne perd jamais de vue que c’est son goût qui nous fait entrer dans les salles. Un monde parfois dangereux, mystérieux. Un voyage fantastique, volontiers sibyllin : chaque segment épouse un genre cinématographique (du polar au fantastique), un style aussi, que Bi Gan choisisse un plan séquence en steady cam, ou « caméra à l’épaule », des plans larges ou des gros plans : c’est à chaque fois avec la même pertinence et le même talent, nous sommes au-delà de la maîtrise technique, la mise en scène écrit l’ Histoire du cinéma ici dépeint comme un outre-monde, un espace de liberté qui nous venge de notre quotidien.

Le spectateur doit s’attendre à être bousculé devant ce maelström de visions éblouissantes. Résurrection marque le triomphe de l’image et du fantasme sur le récit, sur l’histoire. Dans un système où le cinéma parait menacé par le conformisme, les cahiers des charges des grands studios, des plateformes télévisées ou des gardiens du temple de la critique, le film de Bi Gan est un manifeste pour un cinéma libéré de ces contraintes. Cet éloge de la liberté frappe d’autant plus qu’il nous vient d’une dictature chinoise qui fait le lien entre le grand empire communiste et celui du capitalisme : le dernier récit du film raconte le passage du XXème au XXIème, d’un système à l’autre, d’un totalitarisme à l’autre. Vu à travers le regard de Bi Gan, l’histoire de la Chine fait penser à ces rêves qui, tournant au cauchemar, passe d’un monde à l’autre, d’une histoire à l’autre. Nous fuyons un récit pour nous replonger dans un autre, ainsi vont nos rêves, ainsi va la Chine nouvelle. Rarement le principe des films composés en plusieurs sketchs n’aura débouché sur un film aussi homogène. Bien entendu, comme toujours nous préfèrerons forcément un sketch à un autre, au gré de nos goûts et de nos références de cinéphiles. On peut penser par exemple que le polar, malgré une maîtrise de la forme frôlant la perfection menace parfois de tourner à l’exercice de style, à l’inverse la rencontre entre un homme et la réincarnation… de sa dent cariée, est un sommet où la métaphore historique (nous sommes au coeur du Grand Bond en avant, ici matérialisé par les ruines d’un palais) est transfigurée par la fantaisie et… la sourde angoisse existentialiste.

Certes, chaque partie se différencie dans le style et ancrée dans un univers cinématographique particulier. Résurrection fait appel à notre mémoire collective de spectateur, aux références des films de genre ou de grands classiques que nous avons intégrés. S’il est très réducteur de ne voir qu’un film sur le cinéma (un genre à part entière d’ailleurs), Bi Gan aurait réalisé le sommet du genre. Miraculeusement, le film ne sombre jamais dans le catalogue pour cinéphiles, malgré les références (Le Kid de Chaplin, un plan à la Dreyer, un plan séquence que permet la technologie moderne…)…

… On peut aussi voir dans chaque partie du film une…résurrection. La mort plane dans chaque séquence, avec elle la promesse de quelque chose de nouveau : qu’un Jackson Ye (l’acteur qui interprète tous les personnages principaux à chaque époque) disparaisse, il est remplacé par un autre Jackson Ye, une autre version cinématographique de lui-même (et donc de nous, car nous sommes dans la salle, nous aussi des «rêvoleurs»). Le cinéma est un marabout de ficelle dantesque et le film de Bi Gan un faux «film à sketch», pas si segmenté que ça. Si la mort clôt, d’une façon ou d’une autre, la séquence suivante, il faut insister là-dessus, ressuscite le rêvoleur, jusqu’à ce qu’il devienne un vampire, un mort vivant, quasi immortel pour peu qu’il accepte de vivre la nuit, le royaume du rêve. Autant que de mort, on pourrait parler de transformation. Les rêvoleurs, ne disparaissent jamais véritablement, comme le cinéma, ils mutent…comme un virus même. On rappellera que le film a été conçu pendant la pandémie du covid où le seul voyage possible était celui de l’imagination. Immortalité, mutation, transmission : encore une fois le choix du vampire comme dernière incarnation est… lumineux.

… Le film de Bi Gan nous rappelle le plaisir que nous avons à nous perdre dans des salles de cinéma, à perdre la notion du temps, oublier notre réalité pour passer d’un songe à l’autre, dans un univers infini où tout est possible : angoissant, superbe, fascinant, absurde. Ici, l’association des images avec un montage qui étire ou accélère la temporalité nous fait perdre nos repères en même temps qu’il nous transporte. Rarement, quand la lumière de la salle se rallume, nous n’avons eu à ce point l’impression de revenir d’un ultime voyage fabuleux. L’épilogue, dont le seul plan, dans une salle de cinéma, nous rend délicieusement mélancolique… » (diacritik.com)

« … Résurrection est en réalité un rappel à la folle ambition qu’avait le cinéma tout au long du vingtième siècle, celle d’être la «cathédrale de l’avenir», de l’humanité, «l’art total vers lequel tous les autres, depuis toujours, ont tendu», qui les réunit et les dépasse, comme l’écrivait Ricciotto Canudo, inventeur du terme de septième art. Par sa volonté affichée de façonner une véritable expérience sensorielle et partagée (entre le rêvoleur et l’agente, et entre ces derniers et les spectateurs), Bi Gan souligne aussi que le cinéma est une expérience collective, qui se joue dans les salles de cinéma. On peut trouver ces évocations naïves, mais elles n’en sont pas moins opportunes, à l’heure où certains souhaiteraient remplacer les salles, les spectateurs et les oeuvres par des services de streaming, des consommateurs isolés et des produits culturels. Après Les Feux Sauvages de Jia Zhangke, sorti en France en janvier, et les deux derniers volets de la trilogie Jeunesse de Wang Bing, Résurrection vient clore une très grande année pour le cinéma chinois. » (lvsl.fr)

« … Résurrection est somptueux, chaque plan est magnifique, créatif, inspiré, travaillé, dense et intense. La proposition n’a de cesse de chercher à bousculer le cinéma conventionnel pour trouver de nouveaux moyens d’expression. Bi Gan se pose en héritier moderne de tous les expérimentalistes qui ont osé tordre le cou aux normes pour faire progresser le septième art, quitte à être trop extrême sur le moment, pour la bonne cause… » (mondocine.net)


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